Les rétributions intangibles, facteurs clés de motivation

De nombreuses recherches en sciences des organisations constatent que les effets de la rémunération (primes à l’objectif, bonus…), ont un impact à très court terme sur la motivation des collaborateurs. C’est pourquoi, l’enjeu dans les entreprises est bien de créer un environnement propice au développement des collaborateurs pour toucher l’individu et stimuler sa motivation intrinsèque. D’où le concept de « rétribution intangible » qui dépasse largement le cadre de la « rémunération ».

Christelle Tornikoski Enseignante-chercheure au département Homme, Organisations & Société, à Grenoble Ecole de Management (GEM), et membre de la Chaire Mindfulness, Bien-être au travail et Paix économique, Christelle Tornikoski nous éclaire sur les sources de rétribution intangible.

Définir une stratégie claire et partagée

« Nous sommes tous différents, avec une vision du monde différente. Aussi, pour qu’une entreprise soit performante, créative, apprenante et évolutive, il faut qu’elle permette à chacun de ses salariés de s’approprier la vision de l’entreprise. Il est essentiel que le désir de s’engager vienne des individus eux-mêmes », relève en préambule Christelle Tornikoski. Première condition, fondamentale : établir une ligne claire, comprise et partagée de la stratégie d’entreprise, qui soit directement applicable par les collaborateurs sur le terrain. D’où l’enjeu pour le dirigeant de partager sa stratégie, en s’assurant qu’elle donne envie à ses collaborateurs, tout en leur permettant d’exprimer ce qu’ils en pensent.

La Boîte à Outils privilégie une dynamique d’intelligence collective

Septembre 2016 a marqué le lancement du projet d’entreprise de La Boîte à Outils, à Grenoble. Ambition, à horizon 2022 ? Fédérer 1 800 collaborateurs, mais également clients et fournisseurs autour de valeurs communes. Parmi celles-ci, le souci de la performance, conjugué à la satisfaction des salariés et des partenaires de l’entreprise.

GettyImages 664832068Trois étapes ont structuré le plan d’action. De mars à juin 2017, 140 réunions ont été organisées et animées par 80 salariés de magasins, formés à l’animation des processus d’intelligence collective. A l’issue des échanges, chaque salarié a présenté sa vision de La Boîte à Outils (BAO) du futur. Parallèlement, fournisseurs volontaires et clients ont été interrogés. Seconde étape, cadres et collaborateurs volontaires, soit 350 personnes, ont été invités à l’Alpe d’Huez pour un séminaire d’entreprise de 3 jours. L’objectif ? Dresser le portrait-robot de l’entreprise préférée par tous. Les Chantiers d’avenir sont désormais lancés autour de quelques axes clés : l’éthique sociale et environnementale ; la vocation de l’entreprise – accompagner les clients dans le respect d’un futur durable et plus humain –, fédérer clients, fournisseurs et collaborateurs en une communauté responsable, unie autour de valeurs communes ; enfin, donner du sens au travail dans l’entreprise, rebaptisée L’Enseigne du bonheur (EDB).

Pour en savoir plus :

Crédit photo: GettyImages-664832068

Des Français optimistes au travail… C’est possible !

La France demeure un modèle de culture hiérarchique au travail, qui confère au suivi des ordres et des directives, à la non-prise d’initiative et à la subordination. Pourtant, la France compte nombre d’entreprises privilégiant l’optimisme et l’investissement positif au travail. C’est le cas de l’entreprise Techné, dans le Rhône.

Hugues Poissonnier   Pierre Yves Sanseau
Hugues Poissonnier   Pierre-Yves Sanséau

La France demeure un modèle de culture hiérarchique au travail, dont la clé de voûte est construite autour du sentiment (conscient et inconscient) de domination. « Ce sentiment de peur latent n’est pas le meilleur des atouts pour libérer les énergies positives, la créativité, l’envie de travailler et de s’investir dans un projet ou des tâches. Il confère davantage au suivi des ordres et des directives, à la non-prise d’initiative et à la subordination, » relèvent Pierre-Yves Sanséau, professeur de gestion des ressources humaines, et Hugues Poissonnier, professeur d’économie et de management à Grenoble Ecole de Management, tous deux membres de la Chaire Mindfulness, Bien-être au travail et Paix économique.

Des indicateurs de bien-être et de richesses soutenables pour tous

Les indicateurs de bien-être et de richesses soutenables, bénéfiques à tous, peuvent constituer l’un des piliers de la paix économique. Comment sortir des indicateurs classiques – attraction des capitaux, mesure des CSP+… -, afin de produire autrement des indicateurs positifs, et révéler les richesses à l’échelle d’un territoire ?

Fiona Ottaviati La recherche de nouveaux indicateurs de bien-être et de richesses soutenables, propices au bien commun, a suscité de nombreuses initiatives internationales, nationales et locales. En témoigne, le projet de construction d’Indicateurs de bien-être soutenable territorialisés (IBEST), dans la métropole grenobloise, auquel a participé Fiona Ottaviani, enseignante-chercheuse en économie, au sein de la Chaire Mindfulness, Bien-être au travail et Paix économique, à Grenoble Ecole de Management. « L’objectif d’IBEST consiste à sortir des indicateurs classiques – attraction des capitaux, mesure des CSP+… -, afin de produire autrement des indicateurs positifs, explique Fiona Ottaviani. Car, la question du bien-être soutenable renvoie à des données collectives et individuelles.

De la guerre à la paix économique : leurre ou engagement ?

La paix économique constitue l’alternative incontournable à un mode de fonctionnement des affaires basé sur l’hyper-compétition, l’individualisme exacerbé et la recherche unique du profit. Dominique Steiler, titulaire de la Chaire Mindfulness, Bien-être au travail et Paix économique intervient à la Chaire Edgar Morin de la Complexité de l'Essec le 31 mai.

Dominique steiler 150 150Tout manager a encore aujourd’hui cette idée bien ancrée en lui, parce qu’elle semble être le seul chemin vers la réussite ou qu’elle justifie des comportements parfois peu éthiques. Mais quand la vie s’adosse uniquement à l’argent et à une logique agressive de consommation/possession comme seule option pour apaiser nos peurs ou assouvir nos désirs, l’économie ne libère plus et provoque des enfermements.

Si vis pacem, parabellum – Si tu veux la paix, prépare la guerre.

 


 

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