La pleine conscience en entreprise a-t-elle un avenir ?

Lionel Strub, Dominique Steiler, Pierre-Yves Sanséau - The Conversation

Mark Daynes/Unsplash
La méditation de pleine conscience est en plein essor, y compris en entreprise. Mark Daynes/Unsplash

Lionel Strub, Grenoble École de Management (GEM); Dominique Steiler, Grenoble École de Management (GEM) et Pierre-Yves Sanséau, Grenoble École de Management (GEM)

Difficile d’échapper à la déferlante de la méditation de pleine conscience, ou mindfulness : les étals des libraires regorgent de best-sellers aux titres tous plus évocateurs les uns que les autres tels que « Méditer pour ne plus déprimer » ou « Apprendre à manger en pleine conscience ».

Au-delà de l’édition, cette vague entraîne dans son sillage les médias qui prêtent audience aux arguments neuroscientifiques vantant les bienfaits de la pleine conscience sur le cerveau. C’est par exemple le cas de l’émission diffusée sur la chaîne France 5 « Enquête de santé Méditation : une révolution dans le cerveau », qui établit un dialogue entre sagesse bouddhiste et science au fil de divers témoignages et reportages.

Le rayonnement de ce mouvement fulgurant qui semble séduire plusieurs milliers de Français s’étend à différents secteurs de la société, de la santé à l’éducation en passant par le monde du travail. En effet, la pleine conscience n’a pas attendu pour pousser les portes de l’entreprise, s’immisçant dans les plus grands groupes pour servir aussi bien les besoins de développement personnel que de nouvelles stratégies managériales.

Les clefs d’un feedback constructif

Pour les collaborateurs, comme pour les managers, le feedback permet de se situer pour pouvoir progresser. Il répond au besoin humain fondamental de se sentir reconnu et apprécié. En ce sens, et quel que soit son contenu – positif ou sujet à améliorations –, la finalité du feedback doit d’abord s’inscrire dans une démarche de progrès commun. 

Entretien avec Agnès Muir-Poulle, membre de la chaire et enseignante à Grenoble Ecole de Management.


GuettyQuel est le principal écueil au feedback ?

La résistance à reconnaître nos manquements ! Que l’on soit collaborateur, manager ou dirigeant, nous avons une humanité commune. En tant qu’être humain, nous avons besoin de nous évaluer positivement, simplement pour préserver notre estime de nous-mêmes et nous sentir bien. Il est donc très utile d’apprendre à dire ce qui nous surprend en étant factuel, en régulant nos émotions, et surtout en adoptant une attitude d’ouverture au dialogue sur ce qui se passe. Comme tout apprentissage, cela demande de l’entrainement : savoir se dire les choses en face à face de façon constructive et bienveillante.

L’entretien d’évaluation à l’aune de la pleine conscience

Sujet à controverses, l’entretien d’évaluation annuel s’apparente trop souvent à un jeu de dupe, qui pourrait se résumer ainsi : « dis-moi ce que tu as fait, je te dirai qui tu es ! » Comment faire de l’entretien d’évaluation un exercice à valeur ajoutée, pour le manager et son collaborateur, qui dépasse la seule mesure de la performance… au vu d’objectifs purement chiffrés ?

Guetty ImagesQualifié fréquemment d’inutile et de chronophage, l’entretien d’évaluation peut surtout s’avérer contre-productif. « Une « mauvaise évaluation » conduit au désengagement, au dépit, voire à la déprime et au burn-out, en particulier pour les collaborateurs les plus investis, » prévient Isabelle Né enseignante-chercheur de la chaire à Grenoble Ecole de Management, spécialiste des comportements dans les organisations et des risques psychosociaux.

Si l’entretien d’évaluation mesure la performance au travail en termes de stricte « efficacité », ou d’objectifs à atteindre, alors les résultats des entretiens d’évaluation risquent de catégoriser les individus entre compétents et incompétents. Alors même que l’outil d’évaluation devrait nourrir une démarche d’amélioration prospective – puisqu’il s’intègre à la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), via une approche collaborative et surtout contextualisée.

Isabelle Né nous propose cinq points d’ancrage, à partir desquels changer la donne.

La Paix économique sur le terrain des entreprises

Conférence du 15 mai 2018 Bruno MoyenLe 15 mai dernier, près de 400 personnes se sont mobilisées à l’occasion de la conférence annuelle de la Chaire Mindfulness, Bien-être au travail et Paix économique, à l’auditorium de Grenoble Ecole de Management.

Le 15 mai dernier, près de 400 personnes se sont mobilisées à l’occasion de la conférence annuelle de la Chaire Mindfulness, Bien-être au travail et Paix économique, à l’auditorium de Grenoble Ecole de Management. Au centre des débats, une thématique clé : Profits et épanouissement en entreprise : Mission impossible ? Marie Georges, Associée chez Deloitte Développement Durable, Jean-Jacques Chabanis, Président de La Boîte à Outils et Dominique Steiler titulaire de la chaire, ont livré au public présent quelques raisons de miser sur l’alliance de la rentabilité et du bien-être en entreprises.

Formidable concentré d’expériences, conduites sur le terrain des entreprises, cette conférence a marqué le lancement d’un cycle de conversations autour de la paix économique dans ses applications concrètes. Point d’orgue, en mai 2019, Grenoble Ecole de Management et la chaire organiseront les premiers Trophées de la Paix économique. Ambition ? Mettre en exergue les initiatives pionnières qui repensent et renouvellent la relation entreprise-société. Les Trophées de la Paix économique sont une première mondiale.

Retrouvez le replay et les photos de la soirée.

Le nudge, incitation douce ou manipulation ?

GUety ImagesLes nudges (« coups de pouce », en français), ces mesures incitatives non coercitives, servant à orienter en douceur nos comportements en société dans le sens du bien commun, peuvent-elles entrer dans le champ de la Paix économique sans être taxées de manipulatoires ?

Une mouche, incrustée au fond des urinoirs publics pour hommes, incitant à viser le fond de la cuvette, produirait des économies substantielles en nettoyage aux Pays-Bas… Les nudges (« coups de pouce », en français), ces mesures incitatives non coercitives, servant à orienter en douceur nos comportements en société dans le sens du bien commun, peuvent-elles entrer dans le champ de la Paix économique sans être taxées de manipulatoires ?

« L’engouement pour les nudges s’explique par le fait que ceux-ci permettraient de conduire des actions qui seraient plus efficaces à moindre coût, sans recourir à des méthodes coercitives (…). (Toutefois), l’utilisation des nudges à des fins managériales ou politiques, tels que le suggèrent Thaler et Sunstein (2009) a donné lieu à un débat animé centré sur la question de l’acceptabilité de telles pratiques d’incitation, » relèvent Fiona Ottaviani, enseignante-chercheuse en économie au sein de la chaire et Dominique Steiler, titulaire de la chaire, dans un article publié en avril dernier dans The Conversation.


Pour en savoir plus

The Conversation : Les nudges un coup de pouce non-violent ?

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