Témoignage : travailler demain, un regard managérial

Les échanges du colloque « Travailler demain » ont offert un éclairage précieux sur les bonnes pratiques managériales à mettre en place pour accompagner au mieux les évolutions actuelles.

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Repenser la reconnaissance des équipes, les business modèles ou encore les temps de trajets…les chantiers des managers sont nombreux. GaudiLab / Shutterstock

Benoît Meyronin, Grenoble École de Management (GEM)

J’ai eu le plaisir de participer, le 30 novembre dernier, au colloque « Travailler demain », organisé par plusieurs institutions universitaires et l’institut Esprit de Service du Medef, à l’initiative d’Aline Scouarec, professeur à l’IAE de Caen. J’y présentais un papier académique co-écrit avec Jean‑Jacques Nilles, professeur à l’Université de Savoie, mais ce n’est pas le sujet que je souhaite développer ici (il portait sur une forme d’éthique spécifique aux métiers de service).

Mon propos est de partager les quelques réflexions que les interventions que j’ai eu le plaisir d’entendre m’ont inspiré et qui permettent d’envisager le futur du travail en termes de relation entre l’employeur et l’employé : il y est question de care (du prendre soin des équipes), bien sûr, de reconnaissance, toujours, mais aussi de l’évolution du métier RH et de la question des mobilités du quotidien mises en lumière par le récent mouvement dit des « gilets jaunes »… Rapide tour d’horizon, en démarrant par ce dernier sujet.

« Clients, fournisseurs, collaborateurs, ensemble, construisons des projets durables » F. Dufau-Joël

Mécène de la chaire "Paix Économique, Mindfulness et Bien-être au travail", la Boîte à Outils s'est engagée depuis plus de 10 années dans une démarche collective visant à donner du sens à notre entreprise et à notre travail. Notre nouvelle vocation d’entreprise, fruit d’une vision partagée nous anime pleinement aujourd’hui. 3 questions à Frederic Dufau-Joel, responsable Directeur SI et Méthodes.

 

Frederic Dufeau Joel portrait

Pourquoi soutenir les premiers Trophées de la Paix Economique

Il est important de rendre visibles, reconnaître et récompenser les actions liées aux projets innovants qui développent l'humain. Ces démarches montrent la voie aux autres entreprises, prouvent que cela fonctionne et renforcent la conviction de celles qui s'y engagent. 

Les projets menés depuis plusieurs années par la Boîte à Outils apportent beaucoup et contribuent à un fonctionnement sain et performant, avec des collaborateurs qui s'y épanouissent. 

Nous voyons de nombreuses entreprises se développer avec cette vision. Et plus les entreprises ayant ce type de valeurs seront nombreuses, mieux nous contribuerons au renforcement de la société. 

Passer du capital humain au potentiel humain pour un management plus vertueux

En se focalisant davantage sur la capacité à évoluer des salariés, les entreprises créeraient aussi bien des conditions de performance que de paix économique.

Oatawa/ Shutterstock
La gestion du Potentiel humain prend en compte toutes les dimensions de l’individu : son savoir-faire, son savoir-être, ou encore ses besoins psychologiques propres. Oatawa/ Shutterstock

Hugues Poissonnier, Grenoble École de Management (GEM) et Delphine Delaunois, Grenoble École de Management (GEM)

Rarement dans l’histoire la question de l’engagement des salariés au travail n’a été à ce point considérée comme cruciale. Une telle situation découle de la reconnaissance, fondée sur les résultats de nombreuses études (notamment les synthèses annuelles de l’institut Gallup), des liens entre engagement et performance, ainsi que du problème posé par un désengagement croissant et reposant sur des facteurs multiples, comme nous l’évoquions dans un article récent.

 


 


À lire aussi : Désengagement des salariés au travail : un éclairage, et des pistes de solution, fondés sur la qualité des relations client-fournisseur


 

Réconciliant les besoins des entreprises et les attentes des salariés, l’éditorialiste Jean‑Marc Vittori affirmait récemment qu’après avoir recruté des « bras » puis des « cerveaux », les entreprises devaient se préparer à recruter des « cœurs ».

Repenser l’échec comme une chance

Notre rapport culturel à l’échec est source de dégâts sur les individus et les organisations. Or, l’échec, inéluctable, aide aussi à trouver des opportunités.

(Tal Ben-Shahar) Patpitchaya / Shutterstock
« Si l’on n’apprend pas à échouer, alors on échoue à apprendre » (Tal Ben-Shahar) Patpitchaya / Shutterstock

Isabelle Né, Grenoble École de Management (GEM) et Raffi Duymedjian, Grenoble École de Management (GEM)

L’échec est une situation dont on parle surtout en catimini. On le chuchote, on commente les échecs des autres en espérant ne pas se faire pincer un jour à notre tour. C’est la mauvaise copie montrée devant la classe à l’école primaire, ce mauvais souvenir du bonnet d’âne et du piquet au fond de la classe. Ce sont ces corrections marquées de rouge (sang) et de « peut mieux faire », « n’a pas travaillé », « n’a rien compris », et autres… qui font perdre confiance.

Pourtant cet échec pourrait apporter un apprentissage, une opportunité. Se confronter à la difficulté ne fait-il pas partie de l’apprentissage ? « L’échec n’est qu’une preuve négative ; l’échec est toujours expérimental » (Bachelard, 1932). Ne tombe-t-on pas en apprenant à faire du vélo ? Sait-on gagner une compétition sportive juste après le visionnage d’un champion ? La langue ne fourche-t-elle pas dans la découverte du langage ?

Le bonheur, à quel prix ?

La promotion du bonheur n’a jamais été aussi intense. Tou(te)s semblent s’être converti·e·s à ce nouvel eldorado social. Alors « don’t worry, be happy »… mais à quel prix ?

Fiona Ottaviani, Grenoble École de Management (GEM) et Hélène Picard, Grenoble École de Management (GEM)

« Happycratie », d’Éva Illouz et Edgar Cabanas (Ed.Premier Parallèle, 2018).
« Happycratie », d’Éva Illouz et Edgar Cabanas (Ed.Premier Parallèle, 2018).

Le récent ouvrage « Happycratie : comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies », de la sociologue Éva Illouz et du docteur en psychologie Edgar Cabanas a relancé le débat sur le bonheur comme finalité sociale de l’entreprise et de la société. Patron·ne·s, politiques, citoyen·ne·s, salarié·e·s, stastiticien·ne·s, grands industriel·le·s, chercheur·e·s, tou(te)s semblent s’être converti·e·s à ce nouvel eldorado social. Alors « Don’t worry, be happy »really) ? Et à quel prix ?

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