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P Demurger crPascal Demurger
Directeur Général
Groupe MAIF
Niort, France

 

Pascal Demurger témoigne ici des démarches du groupe MAIF qui rejoingnent les intentions de paix économique.

1. L’existant

Il n’est pas nécessaire d’avoir passé des années à la MAIF pour ressentir dans chacune des intentions des acteurs, dans n’importe quelle compétence, la volonté de porter les valeurs humanistes qui ont conduit à sa création.

Parce que nous avons, dès l’origine, développé une conscience aigüe du rôle de notre Mutuelle pour ses sociétaires, ses salariés, et la Société civile en général, nous sommes conduits à aller perpétuellement plus loin dans notre approche mutualiste de l’assurance :

  • Nos garanties sont généralement plus profondes, parce qu’un contrat de protection ne peut s’arrêter au milieu de la réparation, d’autant plus s’il s’agit de reconstruire une personne dévastée par un accident. Aller jusqu’au bout de l’accompagnement sans avoir de limites mal fixées au départ de la relation est un objectif permanent.

  • Nos placements financiers, piliers de la solidité économique d’un assureur, font l’objet d’une politique volontairement responsable depuis plusieurs années. Première mutuelle signataire des « PRI » européens, (principes d’investissements responsables), nous avons eu de cesse d’essaimer cette exigence jusqu’à nos offres. Dernière preuve en date, notre contrat d’assurance vie multisupport récompensé en ce sens par le Prix du meilleur contrat pour gérer son épargne de manière socialement responsable.

  • Nous avons offert des structures indépendantes à deux organisations essentielles : Fondation MAIF et Prévention MAIF.Fondation MAIF finance la recherche scientifique pour prévenir les risques qui affectent les personnes et leurs biens ;Prévention MAIF, au travers de ses missions de sensibilisation, d’information et d’éducation, illustre également la volonté de la MAIF de ne pas intervenir uniquement sur la réparation d’un préjudice matériel ou corporel, mais d’agir en amont de l’accident pour tenter de l’éviter. Leurs missions contribuent à renforcer notre rôle au niveau de la société civile.

  • Enfin, nous nous sommes investis depuis de nombreuses années pour soutenir concrètement les entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire. Cet engagement s’étend aujourd’hui logiquement à l’Économie collaborative par grâce la constitution d’un fonds d’investissement. Ce dernier nous permet désormais d’entrer au capital d’entreprises émergentes sélectionnées pour leur proximité avec nos valeurs.À titre d’illustration récente, nous avons pris une participation dans Mesdepanneurs.fr, site fournisseur de solutions de dépannage d’urgence à domicile. Cette jeune entreprise propose une plateforme collaborative regroupant des professionnels du dépannage qualifiés doublement : par le site lui-même, mais surtout par les clients ; elle promeut des valeurs de confiance, de transparence, et de qualité de service que nous partageons.Nous nous ouvrons à d’autres entreprises pour enrichir nos savoir-faire. La MAIF s’est donné pour objectif de contribuer à la croissance de ces jeunes entreprises. C’est pourquoi ces partenariats s’inscrivent dans la durée pour un bénéfice mutuel.En étant fidèles à nos valeurs d’origine, nous avons structuré le rôle de « militant » : des sociétaires qui acceptent de consacrer tout ou partie de leur temps à la MAIF, afin de porter la voix des assurés à chaque niveau de l’entreprise.

Cette proximité, souvent géographique, a favorisé l’émergence d’une zone grise, où se développent les marges de manœuvre de chacun des acteurs du réseau que l’on soit militant, manager ou collaborateur. Ces aménagements laissés à la main de nos acteurs internes visent à apporter de la souplesse dans l’appréciation des situations et des circonstances, ou encore dans l’attribution des avantages commerciaux ; c’est aussi renforcer la dérogation à l’application des contrats et l’extension des compétences et des responsabilités, par exemple, l’acceptation d’un risque sans avis préalable.

Ce rôle de militant, inhérent à notre modèle, constitue une véritable et efficace force de rappel, qui nous maintient en permanence dans la recherche d’une qualité exceptionnelle de relation avec nos sociétaires.

2. Mes convictions personnelles

Dans le contexte de cet article, je souhaite mettre en avant trois convictions fortes.La première, le triptyque structure la façon de piloter notre entreprise. Il est caractérisé par trois dimensions : la satisfaction de nos sociétaires, l’adhésion du corps social et la performance opérationnelle. Il est le gage d’une action quotidienne au service de la pérennité de notre entreprise.Toute notre activité, toutes nos entités, sont pilotées sur ce modèle : chaque manager doit chercher à équilibrer à moyen terme ces trois points, en tendant à les maximiser. Piloter une entreprise sur ce triptyque, c’est donner en permanence du sens à nos missions quotidiennes, et fournir à chacun les moyens d’apprécier et donc d’orienter son action.

La deuxième concerne plus particulièrement la Direction Générale. Le Directeur Général doit être capable de faire face aux peu fréquentes mais ô combien problématiques décisions semblant mettre en opposition ses convictions et sa responsabilité de dirigeant. Cette éthique de responsabilité se caractérise par :

  • Au niveau de l’entreprise : la focalisation sur le long terme, la pérennité de l’entreprise
  • Au niveau des hommes : la recherche de l’épanouissement de chacun, et d’une harmonie au niveau de l’entreprise ; la création d’une communauté, ensemble de personnes liées par des valeurs communes.D’une certaine façon, le développement du rôle de militant au sein de la MAIF pourrait être lu comme une traduction de la volonté d’incarner dans l’entreprise ses convictions, en contrepoids des salariés, plus porteurs des responsabilités listées ci-dessus.Enfin, ma troisième conviction résulte de mon parcours : je crois fondamentalement aux valeurs républicaines, qui proposent à chaque citoyen des droits et des devoirs. Dans le contexte de l’entreprise, je pense que la MAIF doit rendre possible et promouvoir, pour chaque salarié, d’être citoyen dans, par et au-delà de l’entreprise.

3. Les projets qui ont été lancés

Parmi les quatre piliers du Plan Stratégique que nous venons de lancer, à savoir l’Innovation, le Digital, l’Économie Collaborative, et la Confiance au Quotidien, les deux derniers font naturellement écho à mes convictions :

  • l’économie collaborative parce qu’elle met en avant des valeurs de solidarité, de responsabilité sociétale, de relations horizontales entre pairs, auxquelles je suis attaché ;
  • la confiance au quotidien, qui est, pour moi, l’étape indispensable sur le chemin de l’épanouissement au sein l’entreprise.

Plus précisément, la confiance au quotidien se décline sur trois axes : confiance en soi, confiance en son équipe, et confiance en son entreprise et ses dirigeants.
Il s’agit selon moi d’un état d’esprit individuel qui irrigue les relations à soi et aux autres, et également les actions, la façon de faire : la confiance détermine le Quoi et le Comment. Pour la faire vivre, notre organisation s’enrichit de plus en plus de la diversité, et avant tout celle des hommes et des femmes par lesquels se produit le changement. Car chacun doit se saisir de la stratégie d’entreprise pour satisfaire son envie d’y contribuer, d’expérimenter sur un principe de bienveillance et de performance. Afin de favoriser une propagation entre pairs, nous avons mis en place des explor’actions dans d’autres entreprises et organisations, pour que nos collaborateurs s’inspirent puis améliorent nos pratiques. Des marchés aux initiatives ont été créés par les collaborateurs et militants pour partager leur engagement, leur énergie, leurs actions individuelles et collectives, ainsi que les bénéfices qu’ils y ont trouvés dans leur bien-être au travail, la satisfaction de nos sociétaires et la performance de notre entreprise. Je suis convaincu que la richesse des personnes nourrit la force du changement.

Cet état d’esprit se décrète, au moins au niveau du manager, mais également avec ses pairs : « je décide d’accorder ma confiance a priori ».
La confiance se traduit principalement, dans le monde de l’entreprise, par une grande autonomie, et une responsabilisation de chacun : il s’agit de redonner une prise à chaque salarié sur l’organisation de ses activités, sur les décisions qui le concernent, et sur l’évolution de son métier. Elle nécessite une transformation conséquente du manager, qui doit devenir un leader développeur :

  • leader afin d’inspirer ses collaborateurs, et leur donner en permanence le sens, et ainsi nourrir l’autonomie ;
  • développeur afin de les rendre capables et de rendre possible leurs aspirations. Rendre possible, c’est mettre en place un environnement, un écosystème qui favorise la prise d’autonomie de ses collaborateurs ; rendre capable, c’est développer les compétences de ses collaborateurs afin qu’ils réussissent.

Le socle de la confiance s’est fondé sur de nouveaux comportements, que nous avons baptisés les règles du Je, qui favorisent l’épanouissement individuel grâce à et au service de l’épanouissement collectif : privilégier l’essentiel ; jouer collectif ; donner de l’importance à l’autre ; être acteur du progrès. Autant de principes qui caractérisent l’état d’esprit et la façon d’interagir. Afin de soutenir ce lâcher prise, d’accompagner et de renforcer cette évolution individuelle, a également été initiée une démarche de Pleine Conscience au cœur de l’activité, des relations et des flux, et à plusieurs niveaux de la mutuelle : des structures opérationnelles, des services du Siège, les membres du COMEX … J’y vois un moyen de développer un esprit de co-responsabilité et la conscience que chacun doit se poser la question de son influence dans l’organisation et les relations interpersonnelles à partir de son ressenti et son vécu professionnel. D’autres pratiques se développent comme la sophrologie, le co-développement pour favoriser des réponses à son environnement de travail et des décisions plus justes. L’individu est un enrichissement pour le collectif et inversement. Chacun est invité à développer son réseau d’influence et de connaissances pour renforcer la coopération, la solidarité, permises par la connaissance de soi et des autres.
Enfin, le projet de Marque Employeur nourrit la fierté d’appartenance à l’entreprise des salariés et de nos militants. Il vise à renforcer notre attractivité et notre image en rendant l’identité de la MAIF plus lisible et donc plus vrai.

Tout ceci contribue à établir un équilibre entre la réalité interne de l’entreprise et son rayonnement externe. L’un et l’autre s’alignent naturellement au profit d’un sens partagé par l’ensemble des parties prenantes. Car je suis convaincu de la force de la symétrie : le climat de confiance que ressentent les salariés, rejaillit sur les relations avec le sociétaire : traitez vos salariés comme vous souhaitez qu’ils traitent leur client.

Je ne suis pas encore arrivé au terme (s’il existe) de ce chemin de la Paix économique :

  • Nous venons juste d’initier des actions auprès de nos prestataires, afin de favoriser leur travail quotidien, et d’augmenter la considération que nous développons quotidiennement à leur égard.
  • Enfin, envers la concurrence, ma position auprès du Gema, et notre sortie de SFEREN ne doivent pas contraindre une ambition de collaboration et de coopération qui n’a pas encore de traduction concrète aujourd’hui.

De plus, la MAIF n’est qu’au début de son périple et il est sans doute un peu tôt pour en tirer des leçons ; mais je suis convaincu que nous avons franchi une étape capitale, et irréversible, après cette 1ère année si riche.

 

Le parcours de Pascal Demurger

Ancien élève de l’École Nationale d'Administration (promotion Victor Schoelcher, 1996), Pascal Demurger a quitté la Direction du Budget au Ministère de l’Economie et des Finances pour rejoindre la MAIF en septembre 2002. Recruté en qualité de Conseiller à la Direction générale, il évolue ensuite au sein du Groupe à différents postes de la Direction générale avant de devenir Directeur du Groupe MAIF en octobre 2009.

Depuis juillet 2014, il est Président du GEMA (Groupement des Entreprises Mutuelles d’Assurance Il est également Vice-Président de l’AFA (Association Française de l’Assurance).

Pascal Demurger est également Président d’Altima Assurances, Administrateur BPCE Assurances, Socram, Parnasse MAIF et membre du Conseil de surveillance IMA (Inter Mutuelles Assistance).

 

 

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